L’organisation de coopération de Shangai sous présidence ouzbek


Avril 2010, L'essentiel des relations internationales

À la tête de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) depuis le 1er juin 2009, l’Ouzbékistan souhaite profiter de cette exposition pour à la fois voir un certain nombre de projets se réaliser et donner une image d’elle-même, que ce soit aux États membres de l’OCS et au reste du monde, positive et constructive. Le point. Depuis le 1er juin 2009, l’Ouz-békistan assume la présidence tournante de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Dans le cadre de cette présidence, il veut mettre sur pied une série d’actions visant à renforcer la coopération entre les États membres de l’OCS. Les priorités qu’il s’est fixées sont la continuité de la politique décidée par les États membres et déjà éprouvée ainsi que la mise en œuvre des documents adoptés, et l’approbation de nouveaux textes. Mais le renforcement de l’efficacité de l’Organisation fait également partie de ses priorités. L’Ouzbékistan accorde une attention particulière à cet objectif par le développement de ses contacts internationaux. L’amélioration de la base juridique qui permettrait de se conformer aux buts et aux principes énoncés dans la Charte de l’Organisation et la réalisation des initiatives concernant la garantie de sécurité et de stabilité dans la région sont également à l’ordre du jour. Toutes ces mesures serviront, selon la présidence ouzbek, à accroître la crédibilité de l’OCS.

Dans ce contexte, les propositions du président ouzbek, Islam Karimov, relatives à l’amélioration des mécanismes d’adoption des décisions dans le cadre de l’Organisation ainsi qu’à l’activité de ses organes, revêtent une grande importance. Ces propositions avaient été énoncées par les autorités ouzbeks lors de la rencontre des coordinateurs nationaux des États membres de l’OCS qui s’est tenue à Tachkent le 11 septembre 2009.

Une coopération plus générale
L’image de l’OCS dans le monde – celle d’un instrument de la politique régionale et mondiale – ainsi que la nécessité de la coopération des divers centres de décision pour la promotion des intérêts communs dictent la nécessité du développement des contacts de l’Organisation avec d’autres organisations régionales et internationales. Dans ce but, les États membres de l’OCS veulent se servir de la tribune de l’ONU pour la réalisation de leurs objectifs. L’Ouzbékistan est persuadé que les mécanismes diplomatiques (consultations des États membres auprès de l’ONU ou entre les représentants des secrétariats des organisations) peuvent permettre l’élargissement d’une coopération destinée à garantir la sécurité régionale et internationale.

L’établissement du dialogue avec l’Union européenne est également considéré comme vital par l’OCS. Selon sa présidence, les volets principaux de sa coopération avec l’UE pourraient s’articuler autour des thèmes suivants : dialogue politique régulier ; lutte contre l’extrémisme religieux, le terrorisme, le trafic de drogue et la criminalité organisée ; renforcement de la coopération dans le domaine économique ; développement des communications routière et ferroviaire entre Europe et Asie. Par la suite, une coopération dans les domaines de la sécurité et de la stabilité dans la région, de la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme est considérée comme prioritaire.

À ce titre, le rôle de la Structure régionale antiterroriste (SRA) de l’OCS est jugé très important. Au cours de sa quinzième séance (Tachkent, le 16 octobre 2009), le directeur du Comité exécutif du SRA de l’OCS, M. Subanov, est revenu sur l’exécution des décisions du Conseil et sur la réalisation du programme de coopération des États membres dans ces domaines pour la période 2007-2009. Il faut noter que l’OCS juge utile d’établir une coopération entre le Comité exécutif de la SRA et le Comité anti-terroriste du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi qu’avec les structures anti-terroristes de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).

Dans le domaine économique, la présidence ouzbek attache une importance particulière à l’intensification de la coopération pour les investissements et les liens directs entre les milieux d’affaires des pays de l’OCS. La création d’entreprises dans les domaines de l’exploitation minière, de l’industrie de transformation et de la haute technologie pourrait être un facteur important pour l’emploi, le développement économique et la sécurité économique et sociale, et donc pour la stabilité de la région.

Des demandes d’admission régulières
Le développement des communications et transports fait également partie des priorités de la présidence ouzbek de l’OCS. Dans ce cadre, il est jugé nécessaire de terminer la reconstruction de la route internationale E-40. Il s’agit de la plus longue d’Europe : elle s’étend sur plus de 8 000 kilomètres et suit un itinéraire partant de Calais, en France, et passant en Belgique, Allemagne, Pologne, Ukraine, Russie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan et Kirghizistan pour se terminer presque à la frontière chinoise. L’Ouzbékistan souligne qu’il a tenu tous ses engagements relatifs à la reconstruction de cette route sur son territoire. Il est à noter que la Zone économique et industrielle franche (ZEIF) de Navoï se trouve au centre de l’itinéraire ЕE-40 et qu’elle a une grande importance en tant que catalyseur de la croissance économique, non seulement en Ouzbékistan mais aussi dans toute la région. Grâce à la création de la ZEIF, plusieurs entreprises ont eu accès à cet axe de transport et, de là, se sont vu offrir la possibilité d’être les fournisseurs et les consommateurs de la production de cette zone.

La présidence de l’Ouzbékistan se concentre également sur l’amélioration du cadre juridique de l’OCS. À ce jour, il n’existe pas de document qui régisse l’élaboration, l’harmonisation et l’adoption de textes juridiques. Basé sur l’expérience de l’OCS et d’autres organisations internationales, un travail est actuellement fait sur un projet de règlement intérieur de l’OCS.

Pour les autorités ouzbeks, le but de l’adoption de ce document est de créer un système unique et cohérent de réglementation juridique du processus des rencontres et des réunions d’experts au sein de ses organes de structure.

Par ailleurs, l’OCS étant une organisation internationale désormais établie et relativement influente, nombre de pays souhaitent en devenir soit membres, soit observateurs ou partenaires. À cet égard, jusqu’à la prochaine réunion des chefs d’État, elle doit finaliser son projet de règlement sur l’admission des nouveaux membres.

Au cours du sommet de l’OCS à Ekaterinbourg en juin dernier, Islam Karimov a souligné que « le calendrier d’admission de l’Organisation est ouvert à l’adhésion des autres pays de la région qui s’engagent à respecter les buts et les principes de la charte et les dispositions des autres traités et instruments internationaux adoptés par l’OCS ». Suivant la logique de l’Organisation concernant cette question, il lui faut donc accélérer la préparation du document juridique nécessaire pour l’admission de nouveaux États observa-teurs (c’est-à-dire non membres) en son sein.

Dans le cadre de la réunion de Ekaterinbourg, les chefs d’État ont convenu de confier à des experts la finalisation de ce document pour qu’il soit approuvé lors du prochain sommet de l’OCS qui se tiendra au mois de juin 2010 à Tachkent.

On comprend donc, à la lumière de tout ce qui précède, que l’OCS veut continuer à grandir pour pouvoir peser de tout son poids sur le monde multipolaire d’aujourd’hui.

ENCADRÉ

L’Organisation de coopération de Shanghai
Fondée le 15 juin 2001, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) est une organisation de coopération régionale asiatique qui compte aujourd’hui six États membres (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et Ouzbékistan) ainsi que quatre pays observateurs (Iran, Mongolie, Inde et Pakistan), qui à terme pourraient devenir membres de droit de l’Organisation. L’OCS est créée sur la base d’un mécanisme de concertations entre les chefs d’État. Elle prône une nouvelle vision de sécurité, un nouveau modèle de coopération régionale et un nouveau type de rapports entre les États. Les pays membres ont renforcé leur collaboration sur le plan militaire et dans la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme, parvenant ainsi à un consensus sur un soutien mutuel en vue de prévenir et de résoudre pacifiquement les conflits d’ordre international.

À la lumière de « l’esprit de Shanghai » basé sur la confiance mutuelle, l’OCS s’applique à promouvoir l’établissement d’un nouvel ordre politique et économique, équitable et raisonnable, à la fois en Asie et dans le monde, contribuant par là au maintien de la sécurité et de la stabilité dans la région. Elle prend peu à peu du poids, et au-delà de sa dimension diplomatique, elle devient également un outil de coopération stratégique et militaire, sorte d’OTAN sous-régional, ce qui n’est pas sans susciter quelques inquiétudes de la part des États-Unis et de l’Union européenne, du fait de la liste des États membres de l’OCS.

 

Original

Evisa





MANIFESTATIONS:

Independence

Independence

Livre de President

Tadbirkorlar

Barkamol avlod

Suv

Tashkent-2200

NIZ

SCO

Saylov

ADB2010